Monsieur Leopold, pouvez-vous nous décrire brièvement le projet SECuRe ?

Avant de répondre à l’appel à projets de la Fondation Enovos, nous avions déjà travaillé sur des plateformes similaires, e.a. dans le cadre d’un autre projet soutenu par le programme européen INTERREG, nommé MUSIC, qui permet de calculer le potentiel de production d’énergies renouvelables. De plus, nous avions déjà introduit dans un projet antérieur supporté par la Fondation Enovos un algorithme pour un forecast en 2D, appelé PV-Forecast. Ces algorithmes en 2D fournissent une vue d’en haut  afin d’établir les surfaces, notamment des toits, disponibles pour la production d’énergie photovoltaïque.

Dans le cadre du projet SECuRe, nous avons développé les algorithmes vers le 3D, avec comme modèle la ville d’Esch-sur-Alzette. Nous avons ainsi pu intégrer les façades des bâtiments dans le calcul du potentiel photovoltaïque. L’autre pilier porte sur l’efficience énergétique, notamment sur l’impact de rénovations sur les économies d’énergie. Notre ambition est de visualiser d’un coup le potentiel d’une ville entière. Néanmoins, la quantité de données à traiter est considérable : Au modèle 3D de la ville s’ajoute un modèle physique du changement de la position du soleil afin d’établir l’irradiation solaire pour chaque endroit de la ville à tout moment de l’année (toutes les 30min). En tout, ce sont 12.000 à 13.000 cartes qui sont ainsi additionnées pour former à la fin une carte unique montrant le profil de chaque endroit de la ville.

Quel peut être l’apport d’un tel projet aux ambitions de production d’énergies renouvelables revues à la hausse ?

L’apport d’un tel projet à l’augmentation de la production d’énergies renouvelables peut être considérable si ces développements sont bien exploités. Les algorithmes que nous avons développés sont de nature relativement générale et peuvent être appliqués sur chaque ville ne se limitant pas spécifiquement à Esch-sur-Alzette. Pour l’instant, nous ne disposons pas encore des données 3D des villes et villages au Luxembourg, mais ce travail est en train d’être réalisé par l’Administration du cadastre et de la topographie. Une fois cela accompli, nous pourrons déterminer les meilleurs endroits pour investir dans l’énergie photovoltaïque et lesquels représentent le plus grand potentiel d’économies énergétiques. C’est un bon instrument de planification et de visualisation, qui pourrait être utilisé autant par des planificateurs urbains que par des investisseurs potentiels. Une fois le projet achevé, le but est de le présenter e.a. à des communes et à d’autres acteurs intéressés. Nous voulons que ces instruments soient exploités afin d’avoir une valeur sociale et commerciale. Et je pense aussi que ce projet s’inscrit pleinement dans les objectifs gouvernementaux en matière d’énergies renouvelables.

Que signifie le soutien de la Fondation Enovos pour un tel projet ?

L’apport de la Fondation Enovos est essentiel pour nous. La fondation fait preuve d’un réel engagement sociétal. Même si nous apportons une partie de nos propres fonds, elle finance ce projet et montre un réel intérêt d’aboutir à une recherche appliquée avec des résultats qui peuvent servir à la société. C’est d’autant plus significatif qu’il s’agit ici  d’un projet que nous pourrons implanter au Luxembourg. Le sujet des énergies renouvelables est vraiment d’actualité. Je pense que ce projet s’inscrit dans la volonté politique et je suis sûr que SECuRe, avec ses calculs et computations à grande échelle, pourra accélérer ces développements.

3.000.000.000

Un projet comme SECuRe demande le traitement d’une quantité impressionnante de données. Un exemple : Rien que pour calculer les paramètres 3D de la ville d’Esch-sur-Alzette, 3 milliards d’opérations ont été nécessaires.